Toujours pas la bonne !

Je vous partage enfin mes dernières aventures dans le monde pas toujours rose de la PMA.
Je ne suis toujours pas prête à parler de ce qu’il s’est passé début novembre. Mais je vais vous raconter mon transfert du 5 décembre. Ça faisait déjà depuis début octobre que j’étais sous traitement avec TOUS les effets secondaires pas cools. Après ce qui c’était passé en novembre, j’étais sûr que cette fois-ci serait la bonne. Je devais accoucher en août et il n’y aurait rien qui viendrait changer mes plans. J’ai fait plusieurs séances de médecine parallèle et j’étais confiante !

Arrive le jour tant attendu du transfert, un mélange d’excitation et de peurs.
Et là c’est déjà la douche froide voir glaciale, le transfert se passe ultra mal ! La médecin n’arrive pas à passer mon col de l’utérus et donc à mettre la sonde dans l’utérus. Au début, elle me dit qu’il ne faut pas s’inquiéter que ça arrive très souvent et qu’il y a encore plein de solutions. Au bout d’une heure le stress commence à se faire ressentir. Je commence à pleurer, elle ne comprend pas pourquoi (elle a surtout très peu d’empathie). Et je me dis comment ce bébé va pouvoir grandir en moi alors qu’il arrive dans la souffrance. Je suis vraiment mal, triste, soulée de savoir qu’après deux opérations j’ai toujours des complications et qu’au final ça va pas beaucoup mieux.
Et là elle dit: donnez -moi une pince. Dans ma tête je me dis PAS LA PINCE DE POZZI (reste de mes années en tant qu’assistante médicale chez un gynéco). Et elle dit oui la pince de Pozzi svp !
GROS COUP DE STRESS.

Elle me met la pince, j’avoue au début je sens rien, mais tout à coup je ressens une douleur très vive et comme un coup de poignard, je pleure deux fois plus, elle comprend toujours pas pourquoi je pleure car ça ne fait soi-disant pas mal… la phrase conne des médecins qui en ont aucune idée.

Finalement, petit nugget est là. J’essaye de me détendre de lui parler en posant les mains sur mon ventre et je lui dis d’être fort, on l’attend de pied ferme nous. Les jours passent et je guette évidemment le moindre signe. Rapidement je sens que je suis enceinte, il est là, mais au fond de moi quelque chose cloche, n’est pas comme pour ma première fille. Pas les mêmes sensations. J’essaye de me rassurer tant bien que mal.
6 jours après le test est positif, je suis tellement heureuse, mais je ne peux pas enlever de ma tête cette petite voix qui me dit que ça ne joue pas.

J’ai fait la grosse erreur de me mettre sur des groupes de femmes vivant la PMA comme moi, grosse erreur, tout le monde se compare ses résultats, réussites-échec etc. Ça a un effet ultra anxiogène sur moi. Je deviens accro, je lis tous les posts et ne cesse de me comparer. Un jour après je fais une prise de sang, le résultat est positif mais très bas. Quand je vois ces autres filles qui ont déjà des taux super-hauts au même stade que moi, je suis pas du tout rassurée. Mais je me trouve des excuses, mille excuses. Bébé tu es là, tu ne partiras pas, je ne l’accepterais pas, je n’y survivrais pas, je dois avoir un positif.

Le samedi, je me reveille vraiment mal, je finis la journée avec des violentes douleurs, des contractions, je suis au fond du lit. Je le sens pas du tout bien. Je trouve le numéro de ma gynéco et je l’appelle en disant que j’ai déjà fait un test positif que je pouvais pas attendre la semaine suivante. Que quelque chose cloche et que je suis vraiment pas bien. Pour elle c’est tout a fait normal, je dois me calmer et les douleurs sont bons signes.
Le dimanche matin, je refais un test de grossesse pour me rassurer et la il est négatif. Je ne peux pas y croire. Je me dis que tout est perdu d’avance, mais qu’en même temps c’est pas possible que le taux descende aussi rapidement.
Je retourne le lundi faire une prise de sang, le taux a augmenté mais pas beaucoup, je suis sur que ça va être négatif, je vois ma gyneco qui me dit d’attendre le lendemain pour faire la prise de sang officielle, mais que ça ressemble à une grossesse bio-chimique ( il y a eu accroche mais l’embryon ne sait pas développé) . Pour elle, il y a encore un espoir, on sait jamais. J’aurais préféré qu’elle me dise que c’était mort ce jour la, car l’attente c’est ce qu’il y a de pire.

Le mardi, sa secrétaire m’appelle et me confirme le résultat de grossesse biochimique, je suis si triste. Je suis aussi tellement en colère, en colère des erreurs du laboratoire en novembre qui je pense n’ont pas aidé, au fait que je voulais mettre deux embryons et qu’ils n’ont pas voulus. Au fait qu’on daigne même pas me donner rendez-vous pour m’expliquer la situation, me l’annoncer avec des paroles réconfortantes. Et le pire quand je demande à la secrétaire un rendez-vous, elle refuse et ne sait même pas si je dois arrêter les traitements.

Là on entre en période de deuil, je suis d’abord très triste, je hurle, pleure à chaudes larmes, casse des trucs, mange à n’en plus finir. Et vient ensuite la colère, qui elle a mis beaucoup de temps à partir. Je défonce la portière d’une voiture à coups de pied car elle a failli m’écraser. Mais surtout que je suis tellement fâchée contre le monde entier. Je ressens tellement d’injustice, de jalousie face à ces femmes qui tombent enceintes en claquant des doigts. Et ma chère médecin avait oublié de me dire que quand on arrête le traitement, c’est comme si vous stoppiez un traitement antidépresseur du jour au lendemain. Vous avez une chute d’hormones assez impressionnante et très difficile à gérer.

Et un jour sans crier gare, l’acceptation fait son entrée. La résilience, je la connais bien, depuis petite je me résilie à chaque traumatisme à chaque douleur. Sauf qu’avec le temps et après toutes ces épreuves, elle met plus de temps à apparaitre. Il m’aura fallu beaucoup de jours, pour accepter et me dire que je vais tout recommencer à zéro, repartir dans les traitements, reprendre du poids etc. accepter que tu ne naitras pas en août mais peut-être en septembre ou en octobre. Refaire tout le protocole d’une FIV, car cette fois-ci c’est moi qui décide je mettrais deux embryons quittes à avoir des jumeaux. Mais je refuse un nouvel échec.

Alors petit nugget prépare-toi car bientôt j’aurais l’immense joie d’enfin te tenir dans mes bras.

Illusatration ©Groseille

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